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Ordonnance de protection : ce que vous devez savoir pour protéger votre famille ou vous défendre

Le 14 janvier 2026
Ordonnance de protection : ce que vous devez savoir pour protéger votre famille ou vous défendre
L’ordonnance de protection : une décision en urgence en cas de violences conjugales

 

Qu’est-ce qu’une ordonnance de protection et à quoi sert-elle ?

L’ordonnance de protection est une décision rendue en urgence par le juge aux affaires familiales lorsqu’une personne est vraisemblablement victime de violences conjugales ou familiales.

Son objectif principal est de mettre immédiatement la victime et ses enfants à l’abri du danger.

Cette mesure permet de protéger rapidement une personne en danger, sans attendre l’issue d’un divorce ou d’une procédure pénale.

L’ordonnance de protection est-elle rapide à obtenir ?

Oui. Elle a été spécialement conçue pour intervenir rapidement en cas de danger.

Concrètement :

·         JOUR 1 : La victime saisit le juge aux affaires familiales par le dépôt d’une requête. Le juge rend une ordonnance fixant la date de l’audience.

À partir de cette ordonnance :

-           Le demandeur dispose de 48 heures pour signifier la procédure au défendeur (par huissier).

-          Le juge dispose de 6 jours pour rendre sa décision.

 

·         JOUR 2/3 : Signification de la procédure à la personne visée par la requête.

·         JOUR 5 : Date de l’audience

·         JOUR 6 : le JAF rend sa décision

Contre qui peut-on demander une ordonnance de protection ?

Elle peut être demandée à l’encontre de toute personne avec laquelle la victime a eu une relation de couple, passée ou actuelle, qu’il y ait eu cohabitation ou non, mariage ou PACS.

Attention : si la personne n’a jamais eu de relation sentimentale ou conjugale avec la victime, même en cas de harcèlement ou d’avances non désirées, l’ordonnance de protection ne pourra pas être délivrée.

Quelles formes de violences sont prises en compte ?

Les violences prises en compte sont celles qui peuvent constituer une infraction pénale : les violences physiques, sexuelles, économiques, psychologiques ou encore verbales.

Elles incluent des comportements variés, tel que des actes « mineurs » comme cracher ou jeter des objets dans le logement, des insultes, des menaces, des humiliations répétées, du contrôle, ou de l’isolement.

Le juge examine ces faits dans leur contexte, même s’ils n’ont pas entraîné de blessures physiques.

Pour vous assister devant le Juge aux Affaires Familiales à Paris, Créteil, Nanterre, Bobigny, Versailles, Pontoise, Evry ou dans la France entière, vous pouvez prendre rendez-vous avec Maître Florence Rouas, dont le cabinet est situé à Paris 16 ème ou en distanciel par téléphone ou whatssapp facetime  en la contactant aux numéros suivants : 06 09 40 95 04 / 01 56 07 18 54, ou via le formulaire "demande de rendez-vous".

Dois-je affronter l’autre personne à l’audience ?

Non, pas nécessairement.

Des aménagements matériels peuvent être demandés pour protéger votre sécurité et votre sérénité, tel que:

-           Être entendu seul, de manière individuelle, sans confrontation directe.

-          Attente séparée

-          Entrées et sorties différées

-          Autres dispositifs pour éviter le contact

Puis-je demander une ordonnance de protection pour protéger mes enfants ?

Oui. Même si les violences ne sont pas dirigées contre vous personnellement, une ordonnance de protection peut être demandée si les enfants sont victimes ou exposés à des violences.

 

Puis-je rester dans le logement même si je n’en suis pas propriétaire ?

Oui. Le juge peut attribuer la jouissance du logement familial à la victime, même sans propriété ou bail.

  • Le parent violent peut être contraint de quitter le logement.
  • Les frais liés au logement peuvent être mis à sa charge.
  • Cela s’applique aux époux, partenaires PACS ou concubins.

 

II. Comment obtenir une ordonnance de protection ?

Quelles sont les conditions pour l’obtenir ?

Deux conditions cumulatives :

  1. Vraisemblance des violences : le juge doit estimer que les faits allégués sont crédibles.
  2. Danger actuel : la situation doit représenter un danger réel pour la victime ou les enfants.

L’appréciation de ces conditions est au pouvoir souverain du juge, qui examine les éléments apportés par les parties.

 

Faut-il déposer plainte pour demander une ordonnance de protection ?

Non. La plainte pénale n’est pas nécessaire. L’ordonnance de protection est une mesure civile préventive, indépendante d’une enquête ou d’une condamnation.

 

Quels éléments de preuve peuvent être produits ?

Le juge se base sur un faisceau d’indices pour apprécier la vraisemblance des violences :  SMS, emails, attestations de proches ou voisins, des certificats médicaux, des attestations de suivi psychologique, des mains courantes, des dépôts de plainte, des photographies, enregistrements, des captures d’écran.

III. Les effets de l’ordonnance de protection

Quelles mesures le juge peut-il prononcer ?

  • Des mesures d’éloignement de l’auteur des violences : interdiction de contact et d’accès à certains lieux
  • Des mesures de prévention des violences : suivi psychologique ou stage de responsabilisation pour l’auteur
  • Des mesures d’organisation du logement : attribution au conjoint ou parent protégé, prise en charge des frais par l’auteur
  • Des mesures de protection des enfants : résidence, autorité parentale, visites encadrées, contributions financières
  • Des mesures de protection des animaux : garde attribuée à la victime
  • Des mesures de protection de l’adresse de la victime : domiciliation chez l’avocat, le procureur ou une structure spécialisée
  • Un téléphone Grave danger (TGD)
  • Un bracelet anti rapporchement (BAR)

 

Quelle est la durée de l’ordonnance de protection ?

L’ordonnance de protection est exécutoire dès sa délivrance, c’est-à-dire qu’elle prend effet immédiatement.

Le juge aux affaires familiales fixe la durée des mesures dans l’ordonnance.

Si aucune durée spécifique n’est indiquée, les mesures s’appliquent par défaut pour 12 mois.

Par ailleurs, si une demande de divorce, de séparation de corps ou de décision relative à l’autorité parentale est engagée avant l’expiration de l’ordonnance, les mesures continuent de produire leurs effets jusqu’à ce que le juge tranche définitivement sur ces questions.

 

Que se passe-t-il en cas de non-respect de l’ordonnance ?

La violation d’une ordonnance de protection constitue un délit, prévu par l’article 227-4-2 du Code pénal.

L’ordonnance de protection a force obligatoire.

Son non-respect est pris très au sérieux par la justice, afin de garantir la protection réelle de la victime et des enfants.

Si une personne ignore les mesures fixées par le juge, la victime ou son avocat peut alerter immédiatement le procureur de la République, qui pourra engager des poursuites pénales.

Des sanctions peuvent être prononcées (amendes, prison ou autre).

IV. Et si vous êtes mis en cause ?

 

Que faire si vous êtes visé par une ordonnance de protection ?

  • Ne pas rester passif
  • Consulter un avocat rapidement
  • Se préparer à l’audience
  • Rassembler tout élément utile pour votre défense

 

Quels sont vos droits en tant que mis en cause ?

  1. Droit d’être informé : notification officielle par huissier
  2. Droit d’être entendu par le juge
  3. Droit à un avocat : préparer la défense, droit de contester les mesures
  4. Droit au respect des droits fondamentaux : présomption d’innocence et procédure équitable

 

Peut-on contester une ordonnance de protection ?

D’une part, l’ordonnance de protection est susceptible d’appel dans un délai de quinze jours à compter de sa notification (art.1136-11 du CPC).

D’autre part, des demandes de mainlevée, de modification de l’ordonnance de protection, de dispense temporaire des mesures de l’ordonnance de protection, en mettant en avant les éléments nouveaux, comme la séparation effective des domiciles, l’absence totale de contact, le respect strict des mesures en vigueur, peuvent être formées à tout moment.

 

L’ordonnance de protection figure-t-elle sur le casier judiciaire ?

Non. C’est une mesure civile, elle ne constitue pas une condamnation.

L’ordonnance de protection peut-elle avoir des conséquences pénales ou familiales ?

Oui mais uniquement en cas de non-respect des mesures fixées par le juge.

 

Pour vous assister devant le Juge aux Affaires Familiales à Paris, Créteil, Nanterre, Bobigny, Versailles, Pontoise, Evry ou dans la France entière, vous pouvez prendre rendez-vous avec Maître Florence Rouas, dont le cabinet est situé à Paris 16 ème ou en distanciel par téléphone ou whatssapp facetime  en la contactant aux numéros suivants : 06 09 40 95 04 / 01 56 07 18 54, ou via le formulaire "demande de rendez-vous".